
Pour une raison quelconque, j’ai toujours été fasciné par le code morse. Depuis que je suis petit garçon, l’idée que le code morse permet de parler à des gens à l’autre bout du monde, via des lignes télégraphiques à l’ancienne ou une radio à ondes courtes, me semblait magique. Vous devez comprendre que j’ai grandi avant qu’Internet ne soit accessible aux gens ordinaires comme vous et moi.
Les fascinations de l’enfance ont la vie dure, mais un autre aspect des clés morse m’intéressait : les nombreuses vis qui permettent des ajustements précis en fonction des préférences personnelles de chacun en termes de pression et de distance de déplacement. J’ai passé une grande partie de ma carrière professionnelle en tant que psychologue à concevoir des interfaces utilisateur pour des logiciels. Les commandes physiques permettant d’ajuster la façon dont vous créez le morse semblaient être une manière très cool de contrôler votre « interface » morse.

J’ai donc décidé de créer moi-même une clé morse classique. Au lieu d’utiliser des ressorts pour contrôler la pression et la contre-pression, j’ai décidé d’utiliser deux aimants. Le résultat est très convaincant. Vous pouvez régler la distance de déplacement, la pression et la contre-pression avec précision et c’est très agréable. Mais que faire de tout ça ? Je n’avais pas envie d’apprendre le morse à cinquante-trois ans, ni d’apprendre à communiquer avec d’autres nerds vieillissants du monde entier.
Puis je me suis souvenu de « Flappy Bird », le jeu pour téléphone portable qui a conquis le monde en 2013. En appuyant sur l’écran de votre téléphone, vous deviez faire voler un petit oiseau et éviter les obstacles. Il s’agissait essentiellement d’un jeu à une seule touche qui pouvait être parfaitement contrôlé avec une simple touche en morse. J’ai donc passé un mois à écrire ma propre version de Flappy Bird, fonctionnant sur un microcontrôleur ESP32 avec un écran jaune et noir de 128×64 pixels.
Le résultat était magique. Non seulement le jeu était parfaitement jouable, mais il produisait également des sons via le petit bip piézo qui sonnaient exactement comme du vrai code morse. Enfin, pour l’oreille non entraînée seulement, évidemment…